Carmen est l’incarnation faite femme de l’idéal de liberté qui fonde la culture bohémienne. Culture qui a choisi comme arts premiers la musique et la danse, arts de l’éphémère et de l’immatérialité transmis depuis des siècles, réservoir de richesses dans lequel tant d’autres créateurs n’ont cessé de puiser. Carmen, insaisissable, préfère renoncer à sa propre vie plutôt qu’à sa liberté ; tel le peuple dont elle vient préfère renoncer à sa propre matérialité plutôt qu’à sa poésie .
Par nos choix d’extraits et d’instrumentation nous tendons à mettre en relief l’étroite proximité entre les composants essentiels du personnage de Carmen et de la musique composée par Bizet. Alternance de gravité, de profondeur, d’amertume, de fantaisie, d’exigence et de pureté sont autant d’émotions au service d’une liberté farouche qui se nomme Carmen.
Léonard de Vinci, Feuille d’étude avec des têtes de chevaux, vers 1481, détail.