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Wolfgang Amadeus Mozart 1756 -1791

Sonates pour violon et piano, K 306 (Paris 1778) & K 377 (Wien 1781)

Franz Schubert 1797-1828

Sonate en la mineur pour Arpeggione et piano (1824)
L’Arpeggione “violoncelle guitare” aujourd’hui très rare était une création du luthier Johann Staufer,
qui a inspiré cette sonate à Schubert. Elle est ici arrangée pour l’Alto.

Béla Bartok 1881-1945

5 Danses dans le caractère populaire roumain (1915)


Sylvie Sagot-Duvauroux joue sur un  Piano Bechstein, 1928
Laurent Lovie un violon anonyme Mittenwald, circa 1750
& un Alto contemporain, lutherie chinoise. (“Arpeggione”)


 

La bohème est un terme qui recèle de nombreux sens : c’est à la fois une aire géographique, un peuple errant et une esthétique artistique. Les peuples Roms ont été appelés « bohémiens » en Europe suite au geste du roi de Bohême qui les avait munis d’un « passeport » à la fin du Moyen-Âge. Leur mode de vie a influencé les artistes désirant se sentir libres et en marge, surtout depuis le romantisme. Les musiciens ont joué le rôle de passeur entre deux mondes, celui des sédentaires et des nomades. La tradition orale et son génie inspirent depuis des siècles les courants artistiques épris d’érudition, une partie du chemin s’est donc faite en compagnie…

De nombreux compositeurs anonymes ou célèbres semblent adopter une manière tsigane, depuis les danses échevelées de la Renaissance en passant par les Sonates du Rosaire de Biber, le Telemann ‘alla Polacca ou les Zingarese de Haydn. Au vingtième siècle, l’essence de la musique dite populaire a été reconnue et mise en valeur, notamment dans les pays de l’Est, obtenant une consécration mémorable grâce à l’écriture.

Entre l’époque baroque et la modernité, il est évident pour qui sait l’entendre que la naissance du caractère viennois, profondément lié au classicisme, doit beaucoup au mordant et au lyrisme tsigane. Bien des grands compositeurs du dix-huitième et dix-neuvième siècles se sont réchauffés autour du feu bohémien, mais ce compagnonnage autrefois évident doit aujourd’hui être réanimé par les artistes et ceux qui les écoutent…

C’est le violon, instrument proclamé roi (bien qu’en attente d’une révolution) que nous adoptons naturellement comme médium quand il s’agit de faire résonner l’esprit Bohémien. Quant au piano, il est fils du cymbalum, son père oriental, lui-même descendant du Santur perse et hindou. Son esprit percussif et ses arpèges aériens peuvent sonner comme  tout un orchestre déchaîné.

 

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Jacques Callot (1592/1635) « le départ »