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Erik Satie était un libre penseur, un poète, un chercheur dont le laboratoire était la musique. « Je suis phonomètre avant d’être musicien » disait-il. Claude Debussy voyait Erik Satie comme “un homme du Moyen-âge perdu au vingtième siècle”, c’est le compositeur des Gymnopédies et des Sarabandes auquel il faisait allusion. Cependant, les œuvres de Satie contiennent autant de passé que d’avenir, on y trouve les bases de la musique répétitive qui s’affirmera 50 ans plus tard, il donne toutes les clés du surréalisme encore timide à son époque et il puise librement dans l’expressionnisme slave et allemand.
Le comédien n’est pas ici pour incarner la personne d’Erik Satie mais pour être un passeur, un lecteur en qui les surprenants écrits de Satie résonnent, exaltant sa propre fantaisie, son esprit critique, son sens poétique.
De même, la pianiste interprète les œuvres du compositeur, ils sont ainsi un prolongement l’un de l’autre au service de l’esprit lucide et insolent de « l’Esotérique Satie ».
Ils ne sont pas situés dans une époque, mais plutôt dans un espace en marge propice à raviver la profonde et éclatante proposition surréaliste de Satie.
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Man Ray, le cadeau, Objet, 1921
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