Janvier
Le voyage à Paris
Et oui cette année E il piano va a fait le grand saut au dessus de la Loire. Le théâtre l'Arlequin de Morcans sur Orge nous a invité pour y donner deux concerts, un récital de piano et un concert en duo avec Maryline. Pour la première fois, ce théâtre à vocation populaire a proposé à son public une semaine « classique », que nous avons eu l'honneur d'inaugurer. Voila pour E il piano va, une collaboration bien excitante, l'accueil et l'écoute furent chaleureux et intense, dans ce petit théâtre de 80 places, dont la réussite est d'avoir su toucher un public on ne peut plus large, en invitant chaque spectateur à donner financièrement ce qu'il peut et cela autour d'une programmation artistique riche et réfléchie. Conforté par le fonctionnement de ce lieu dans notre opinion que la culture en elle-même concerne tout le monde et que les conditions d'accueil sont primordiales pour que le public s'y sente autorisé et respecté, nous referons le voyage pour cette année 2010 au mois de janvier. Grand merci au théâtre l'Arlequin pour l'intelligence de sa démarche !
Mars et Septembre
Une journée et un concert « poésie » au café bibliothèque de Chabrillan
Merci à ce petit îlot de chaleur humaine et de culture, merci à Jean Pierre Touratton pour sa belle énergie, sa confiance et son soutien qui font vivre ce lieu et donne toujours envie d'y revenir.
Janvier - Février --Mars
La création « Carmen » avec les éléves de CM2 de l'école de Mirabel et Blacons

Certains d'entrent vous ont assisté à l'une des trois représentations de ce spectacle au mois de mars. La réalisation de ce travail fût une épreuve assez difficile et je remercie intensément le talent, l'exigence et la profonde humanité dans lesquels Maryline et Fransisco ont œuvré. Maryline se chargeait de transmettre des techniques vocales aux enfants, de leur faire « rencontrer » leur voix, Fransisco du travail théâtral, de transmettre ce goût de la magie par des exercices de toutes sortes, de comprendre ce qu'est tenir un rôle, de prendre confiance en soi, de rêver, comprendre le plateau,moi j'étais tantôt chef d'orchestre, tantôt dramaturge, tantôt superviseur général. En tant que directrice d'E il piano va depuis quatre ans, j'ai rencontré dans ce travail des épreuves que je n'avais jamais rencontrées auparavant : à savoir le véritable accueil de la pensée artistique au sein d'une école, épreuve aussi déroutante qu'intéressante. Ceci à permis d'aller chercher en profondeur notre place, de souder notre équipe d'intervenant, ainsi que de soumettre aux enfants la notion d'engagement, dont certains nous dirent que leur parents pensaient que ce travail leur faisait « perdre du temps » ou ne servait à rien. Au final, l'engagement et les véritables acquis de beaucoup d'entre eux fût une merveilleuse récompense.
Je pense que les enfants ont saisi au travers de cette aventure quelques essentiels de l'art du spectacle vivant. : Accepter de travailler des heures pour un passage de quelques minutes, travail de patience, de répétition, d'approfondissement. Se responsabiliser, sur sa propre mission. Partager un espace scénique ou amateurs et professionnels sont mélangés et tous à la même enseigne une fois sur scène, c'est-à-dire à la fois fragile et plein d'énergie. Comprendre que sur scène, le plus petit détail à autant d'importance que le rôle « principal » Le travail artistique est à certains point de vues à l'opposé de ce que l'on peut appeler l'esprit scolaire, il n'était pas toujours facile pour l'instituteur, de comprendre et d'accepter les chemins que nous tentions d'emprunter avec les enfants ; à la fois en ce qui concerne l'utilisation du temps, notion très particulière dans le travail artistique, et à la fois dans la nécessité d'outrepasser certaines notions hiérarchiques pour aller à la rencontre profonde de chacun. Le travail artistique ne va pas sans passer par des états émotionnels forts, et parfois fait apparaître des situations un peu paroxystiques. En tant qu'artistes nous avons l'habitude de côtoyer ces états et je pense sincèrement qu'ils sont toujours riches lorsqu'ils se passent dans le partage et la bienveillance des encadrants, mais ces expériences humaines peuvent faire peur.... Je remercie profondément les enfants de la confiance et de la générosité avec laquelle ils ont amené leur pierre à ce travail commun. Je remercie Jean Beaufort, maître de la classe avec laquelle nous avons travaillé pour avoir eu l'audace de nous faire entrer dans son temps scolaire. Je remercie également la fondation de France, la mairie de Blacons, la mairie de Piegros la Clastre, Alice Krishel, et Samuel, pour les aides financières et techniques.
AVRIL - MAI
Les concerts "Jeunes pousses" en milieu scolaires organisés par l'Addim
Quatre journées de concerts commentés dans quatre écoles primaires de la Drôme : Hauterives, Saint Vallier, Chateauneuf sur Isère et Roussas, cette fois ce n'était pas pour des ateliers que le piano se rendait des écoles mais pour un travail plus purement axé sur la découverte de l'instrument et de son répertoire, l'expérience a permis de rencontrer beaucoup d'enfants en même temps et surtout de leur faire aborder l'écoute « éclairée ». Ce travail mériterait une fois de plus d'y passer un peu plus de temps et que la venue du piano soit relativement plus préparée de la part des établissements accueillant.
MAI

Pour ceux qui ne connaissent pas encore l'accueil et l'engagement formidable et intelligent de Pascaline auprès des artistes, de ces accueils qui dissipent profondément le doute de notre place d'artiste dans ce monde. Je la remercie de ce week end magique du 1er mai qui a commencé par un concert suivi de deux jours d'ateliers ouverts à tout les ages, dans ce beau lieu plein du silence dont rêve les musiciens et qui invite au partage et à la concentration.
MAI - JUIN - NOVEMBRE

Suite à notre spectacle autour de l'œuvre musicale et littéraire d'Erik Satie, nous avions envie avec Laurent de partager notre émerveillement sur ce sujet intarissable qu'est le surréalisme avec des jeunes gens traversant cette riche période qu'est l'adolescence. Convaincus de l'importance de la pensée non conformiste contenue dans l'œuvre de Satie ainsi que son humour, nous pensions que cette proposition pourrait permettre à pas mal de ces jeunes gens de se trouver dans la libre pensée qu'il serait dommage de cantonner à une époque, et dont l'urgence est certaine... Je dois dire que les résultats de ces ateliers ont dépassé mes espérances, l'engagement des enfants, l'engagement de certains professeurs et celui de chefs d'établissements qui malgré les difficultés actuelles à tout simplement faire son travail correctement et avec bon sens, continuent à faire une grande place à la pensée artistique dans leur milieu. J'aurais une pensée toute particulière pour le collège Lapassat dans le quartier de la Monnaie à Romans et pour le collège de Saint Donat ou j'ai admiré le respect avec lequel principal et professeurs considèrent les jeunes gens qui leurs sont confiés. Je remercie les jeunes gens pour nous avoir fait profiter de leurs talents respectifs et de les avoir offert en partage, quel espoir formidable.

« C'est tout autant grâce à l'étonnant mystère de la musique pour piano d'Erik Satie interprétée par Sylvie que l'esprit frondeur et fantaisiste porté par les textes et les exercices d'improvisations théâtrales que nous avons pu entraîner les élèves à des moments de recherche artistiques inédits et d'une grande qualité. A l'évidence, la proposition multi disciplinaire a pu donner à chacun des participants dans les quatre collèges drômois l'occasion d'une expression sincère et courageuse qui trouve son accomplissement au moment où le regard sur l'« autre » est modifié en profondeur : L'œuvre peinte en matinée d'après l'audition des différentes pièces pour piano devient un manifeste passionnant, tant de l'individu que du groupe. Les cocasses tentatives, toujours riches, du passage « sur scène » dans l'après midi, même ébauchées vu la brièveté du temps de travail mettent en jeu la pertinence et l'inventivité de chacun des participants, quels que soient leurs dons et leurs handicaps, conduisant au respect absolu et bienveillant des différences... C'est bien là, au fil des trois jours d'atelier que Satie fût présent parmi nous...Un esprit toujours jeune, un découvreur, un artisan musicien de l'ancien monde (d'avant 1914) qui inventa des formes encore vivaces aujourd'hui. Chaque élève et professeurs ont pu s'approprier, dans les différents collèges un peu de ce trésor, fait de profondeur sensible et de dérision active, questionnant le monde et menant à la prise de conscience surréaliste. En conclusion, je ressent comme un processus vivifiant le fait de transmettre dans le cadre de l'école, grâce à l'engagement des responsables de l'éducation des étudiants, quelques bribes des enjeux qui composent notre quotidien d'artistes interprètes. Je remercie donc les jeunes gens enthousiastes et leurs maîtres attentifs pour l'inspiration dont ils ont fait preuve, conduisant à des heures d'intense écoute et d'expression personnelle, encourageant notre résolution à porter à la scène la formidable « Liberté de ton » et la désinvolte gravité de Satie dont le sourire complice a accompagné et encouragé nos fructueuses recherches en commun. » L.Lovie, comédien, 7 janvier 2011.
JUILLET
Une semaine au FIEF
Le Fief est un lieu d'échange franco allemand situé dans le village de Chateauneuf de MAzenc. Sur l'initiative d'Alain Corre, j'ai proposé un atelier Debussy et la couleur avec les élèves d'une école allemande venant de Barleben ce fut aussi passionnant que tumultueux. De très belles rencontres et un travail artistique de très grande qualité ont couronnés cette semaine. Merci encore à Alain pour son accueil merveilleux, et ses traductions.
JUILLET - AOUT - SEPTEMBRE
Les concerts de l'été

Pour ma part ce fût un merveilleux voyage avec ce programme que j'ai appelé « Infiniment » mot qui me vient de ce que Schubert m'inspire et qui a trait aussi bien à son désespoir qu'à son éternelle promesse. L'accueil que je reçu fût un grand cadeau à l'église de Piegros la Clastre ou règne une magnifique ouverture, à la minuscule église de Saint Julien en Quint pleine d'émotion, à l'église de Saillans, à la mystérieuse abbaye de Léoncel, et bien sur chez Bernard et Suzy à l'espace 515 de Marsanne, entourée des tableaux de lumière de Bernard. Un autre voyage en accompagnant Maryline dans un répertoire du 17ème et du 18ème siècle avec notre concert « Languore », au milieu des boiseries de l'église de Saint Jean en Royans, et dans son berceau familial à l'église des Lombards de La Répara. Merci à toutes ces belles personnes qui permettent à ce que la musique soit entendue, respirée et partagée, à la confiance qu'ils portent à ces instants furtifs d'éternité, ainsi nous semblons tous nous inscrire en relais les uns des autres, ainsi nous avons tous notre place.
OCTOBRE
Le voyage à Barleben
Grâce à Alain Corre, et sur une envie de l'école de Barleben avec la quelle j'avais travaillé au Fief en juillet, j'ai eut la grande chance de partir à Barleben en Allemagne pour y jouer Debussy. Reçue extrêmement chaleureusement à Barleben et à Leipzig, j'ai appris énormément dans ce voyage de quatre jours, cela mériterait d'en parler longuement mais j'aimerais dire en tout cas que l'urgence artistique qui apparaît en Allemagne (de l'est) m'a donné du baume au cœur, et comme tout voyage m'a permis de prendre du recul sur la situation des artistes en France, ainsi que prendre conscience que notre pays s'est endormi petit à petit , submergé par les mécanismes de la consommation, que la culture ne semble plus être qu'un loisir entre autres, et que sa dimension politique profonde de l'art est un sujet que les institutions préfèrent éviter, pour se tourner vers des formes d'expressions de plus en plus lisses, décoratives et non perturbantes.
DECEMBRE
Le rendez vous avec Hélène

Hélène Duclos a travaillé depuis le mois de juin à partir de l'écoute de la fantaisie K 475 de Mozart puis nous nous sommes donné rendez vous début décembre pour présenter cette création et la faire découvrir à d'autres, la neige et le grand froid étaient venus aussi, remplaçant sans doute quelques convives. La peinture d'Hélène ne ménage pas celui qui la regarde, elle sort du fond de son être et suscite en général de fortes réactions, ce fût le cas. J'ai été particulièrement bouleversée par cette expérience, jouer Mozart au milieu de ces tableaux, les sentir résonner à certains passages, partager les émotions traversées par les personnes du public, sentir mon interprétation se transformer au contact des œuvres d'Hélène et devenir de plus en plus sauvage au travers de cette œuvre insolite du répertoire Mozartien.

Un soir ou seulement trois personnes étaient présentes pour écouter, j'ai compris une fois de plus à quel point la préciosité d'un instant n'était définitivement pas relié à la notion de quantité, ce qui a été vécu dans cet instant et les conversations que nous avons eu ensuite à propos de la musique et de la peinture furent exceptionnel, nous eûmes tous les quatre le privilège du profond partage. Toujours de nouvelles choses à comprendre, ici et grâce à la peinture d'Hélène, à Mozart, aux personnes présentes, j'ai le sentiment d'avoir avancé dans l'acceptation du silence et donc de la musique.
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